Varanasi, Part 1
Tout d'abord, désolée pour les maigres photos de Varanasi : mon appareil avait prit une tite douche. Ensuite, la plupart des images sont ma tête et dans mon coeur.
Ensuite, je vais faire cette étape en plusieurs parties, c'est un peu long.
Dernière étape de mon voyage, mais non des moindres. Ville de plus de 1 millions d’habitants, c’est THE ville sainte de l’Inde. Qui n’a jamais vu ces fameuses images, de croyants se baignant dans le Gange pour se laver de ses pêchés ?
Nous n’y sommes pas allés à la bonne période je pense. L’eau
du Gange était déjà montée un peu sur les Ghats, mais bon, on voyage pas
toujours au moment le plus propice (héhé, j’ai une vie en France aussi ^^).
Malgré tout, c’est un des lieux qui m’a
le plus marqué en Inde, et c’est bien normal.
Dans la « purana Varanasi », il y a un dédale de ruelles où il y a à
peine la place pour une vache et vous, avec plein de petites boutiques, de
petites écoles pour l’apprentissage des instruments de musique, et des temples.
Car Varanasi est une ville qui baigne dans la spiritualité. C’est inévitable,
on croise des religieux, notamment près du grand temple de Shivah, qui donne
sur le Gange.
Le Gange, qui est bordé de Ghats où viennent les croyants du pays entier, pour
faire des puja, et avoir un bon Kharma, pour se baigner, et aussi… pour mourir.
Car on dit que mourir à Varanasi libère du cycle de la naissance et de la mort.
Varanasi est également une ville
phare quant à la soie, et on trouve des boutiques très intéressantes du côté
des quartiers musulmans.
Il y a également une des plus vieilles universités de l’Inde du Nord, avec des
objets très anciens, ainsi que des temples. Je regrette profondément de ne pas
y être allée (j’ai été très fatiguée et malade les derniers jours).
Voici une petite présentation de
cette ville ^^
Nous étions dans un hôtel dans la « purana varanasi », donc tout près
des Ghats, mais près de la ville plus « moderne » avec ses centres
commerciaux et son grand trafic routier et meuhmeuhier.
Dès le premier jour, et comme tout bon
visiteur qui se respecte, nous avons décidé de visiter un peu les ruelles de
Varanasi. Il y a une ambiance toute particulière : des religieux qui
passent, les gens qui essaient de vendre des sucreries indiennes, les gens qui
prennent des cours de musique, des meuhmeuhs qui vous bousculent (et oui,
y’en a même eu une qui m’a vraiment poussée; quand la Reine passe, on trépasse !)
J’ai adoré me promener parmi ces gens, et être harcelée pour aller dans des
boutiques ne m’a pas paru si dramatique que ça.
Nous sommes arrivés près du grand
temple de Shivah. Quand on le traverse, on arrive directement sur les Ghats. Il
n’y avait pas grand monde. Nous avons prit une barque, afin de longer le Gange,
et de voir les différents Ghats, car il y en a pas mal, de toute sorte.
Le Gange est vraiment très sale. Quand on sait qu’aux 100ml, la norme pour les
rivières/fleuves est de 500bactéries, et qu’ici, il y en a 1,5 millions… ça
fait peur. Mais la pollution se voit également : l’eau est très très
marron, on voit des sacs plastok avec des déchets flotter... sans compter les
cadavres divers et variés que l’on jette dans le Gange.
Nous sommes arrivés près du « Burnin
Place », où on brûle les cadavres. La barque s’est approchée. J’étais
étonnée, fascinée, choquée, triste, pensive, bref, plein de sentiments se sont
entremêlés en un instant. Ce n’est pas comme si je n’avais pas été au courant
de ce que j’allais voir. Je m’y étais préparé. Mais quand on est devant le fait
accompli, cela n’a pas le même effet.
Et oui, c’est pas comme derrière sa TV, avec un écran de protection, et une
télécommande. Là, c’est en live, on ne peut pas s’enfuir
ou éviter ça.
Je ne juge pas leurs coutumes, loin de là. C’est juste qu’en Occident, la mort
n’est pas vue de la même manière. C’est un sujet tabou presque. Ici, c’est un
passage vers autre chose, une chance de connaître quelque chose de meilleur
dans une autre vie, ou que sais-je encore.
Un guide est monté à bord, nous racontant
comment ça se passe. Il y a environ 200 cadavres par jour qui sont brulés à cet
endroit.
Il voulait qu’on descende sur le Ghat, et au début, je ne voulais pas, je
trouvais cela même indécent que l’on se soit arrêté là. Encore une conception
occidentalisée je suppose.
Le corps d’un individu est amené sur une sorte de brancard, par des indiens
chantant des prières. Il est recouvert de draps, d’offrandes diverses. On le
baigne ensuite dans le Gange, et ensuite, on fera tout ce qui est nécessaire
pour la crémation.
Mais il faut savoir qu’en Inde, on ne
brûle pas tous les corps. Ceux que l’on considère purs sont jetés directement
dans le Gange. Les femmes enceintes, les enfants, et des animaux.
Et évidemment, il a fallut que MOI je vois ça. Un petit brancard amené par des
hommes, se posant à quelques mètres de moi. Les gens, entourant ce petit corps.
Un homme venant regarder le visage de son enfant une dernière fois. Et moi, qui
vois également ce visage une dernière fois, en même temps que ce père. C’était
une petite fille.
Le guide me dit de ne pas pleurer. Que c’était bien pour elle, qu’elle venait
là où chaque indien aimerait être à la fin de sa vie.
Je conçois totalement. Mais pour moi, c’était le corps froid et sans vie d’une
gamine. Dur, dur. Ils l’ont donc ensuite posée sur une barque, conduit jusqu’au
milieu du Gange. Et voilà, un corps de plus dans le Gange. Le problème est que
pas mal de ces corps se retrouvent sur la rive voisine, un peu plus en
contrebas.
En
écrivant ces mots, j’ai les larmes aux yeux. Comme je préférerais avoir cette même
vision des choses. C’était la première fois que je voyais un mort.
Je me suis enfin décidée à descendre
sur le Ghat, afin de donner un peu d’argent pour le bois. Le bois est cher, et
donc forcément, tout le monde ne peut pas payer cette précieuse matière pour
son défunt. D’ailleurs, il existe un ghat pour les « moins riches »
(quel bel euphémisme), ainsi qu’un crématoire électrique.
Du haut d’un bâtiment, j’ai vu un corps brûler. C’est fascinant, et en même
temps, il y a tellement de choses qui envahissent l’esprit. Je ne vais pas
développer. On n’arrive pas à détacher son regard. On a en face de soit la
Mort, étalée, sans tabou.
Bref.
J’ai allumé une petite bougie, disposée sur un petit plateau en feuilles séchées, et entourées de pétales de roses, que j’ai disposé sur le Gange, pour mon Kharma…
En même temps, si avec toutes les prières que j’ai faite dans je ne sais combien de religions différentes, j’ai pas une petite récompense, bah, c’est que vraiment j’ai un mauvais kharma :x
Ensuite, deux petites gamines ont participé à ma séance photos, elles étaient toutes happy ^^
La suite un peu plus tard...

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