Hadasse, l’Israélienne, qui
voulait voyager dans le nord de l’Inde, a décidé de prendre le train de
Varanasi jusqu’à Delhi, avec nous.
Nous voilà donc embarqués, vers le milieu de la nuit, pour Delhi, dans un train
couchette.
Un train-couchette de classe moyenne, avec 6 couchettes dans un même
compartiment. Hadasse, Elias et moi d’un côté, et de l’autre, une famille
indienne : des parents, et leurs 2 jeunes fils de 15ans environ, et l’oncle
et la tante avec leur fille de 16ans.
Le lendemain, on en nous réveillant d’une looooooooongue nuit (et oui, les
distances sont longues, les trains très lents) nous avons fait connaissance, en
goutant des gâteaux maisons, faits par une des deux femmes^^
Le voyage fut très agréable. Nous avons papoté avec toute la petite famille,
partagé des idées, montré nos différences… J’ai montré mon Ipod à la jeune
fille et son père, qui avaient l’air d’apprécier ma musique hindî xD La maman m’a
donné des bangles (des bracelets), et la jeune fille une bague J
Très touchant !
Enfin nous arrivons à Delhi ! Merci à cette petite famille qui a été d’une
compagnie très agréable et sympathique ^^
Hadasse a décidé de partir rejoindre une communauté juive. Pas eu de news
depuis.
Nous avons pris un hôtel dans la « banlieue » de Delhi même. Le soir,
ne sachant que faire, étant donné que nous prenions l’avion le lendemain, nous
avons décidé d’arpenter un peu le centre de Delhi. Pire : nous sommes
allés en boite de nuit !
Les boites de nuit en Inde se situent souvent dans des hôtels de luxe, et nous
avons pu constater qu’en effet, nous avions presque changé de monde : de
grands et beaux hôtels, des éclairages somptueux…
La clientèle de la boite était composée d’indiens de classe moyenne ou
supérieure, des jeunes comme des moins jeunes, un Dj… on se serait presque cru
en Europe. Ce soir là, il y avait peu de musique hindi, mais surtout de la
musique américaine.
Et ça, je suis fière de le dire, c’est nous qui avons mis l’ambiance xD au
début, nous étions les deux seuls danseurs ! La classe… Déjà que les
indiens matent les occidentales dans la rue, alors imaginez leurs têtes pendant
que je dansais !
Et voilà, après un lever un peu difficile, derniers regards sur un pays qui m’a
accueilli à bras ouverts, qui m’a appris tant de choses. J’y ai vécu des choses
formidables, et je l’en remercie encore de m’avoir ouvert les yeux sur
tellement de choses.
C’est dur de quitter un pays aussi magique.
L’Inde est un pays aux milles
contradictions, aux milles clichés, avec des pratiques fascinantes, choquantes,
bouleversantes…
Je pense qu’on ne peut comprendre l’Inde qu’une fois qu’on y est allé, et
encore, je ne prétends pas avoir tout vu, tout compris. Mais justement, j’y
suis allée une fois, et il y a encore des choses à découvrir.
La suite, ce n’est pas la peine
de vous le décrire. Arrivée à l’aéroport Indira Gandhi, avion très tôt,
direction la France, les bras de mon cher et tendre, et l’amour de ma famille
et de mes amis.
Inde, tu me rends nostalgique. Tu seras toujours dans mon cœur.
Et hop, nous voilà repartis pour une visite des ruelles de
Varanasi.
Nous y avons rencontré une petite fille, Salou, qui était magnifique, très
intelligente et rusée, elle aborde tous les occidentaux pour les amener dans la
boutique de soie de son oncle. Elle avait des yeux splendides, je regrette de
ne pas l’avoir pris en photos. Vraiment. Mais je suis sûre que lorsque je
retournerai à Varanasi, je la reverrai, c’est un peu une figure mythique de
Varanasi xD elle hante ces lieux, à la recherche de potentiels clients pour
son oncle!
Dans ces ruelles, on rencontre aussi pas mal d’occidentaux. Des américains, des
coréens, des israéliens…Dans un petit resto, nous avons rencontré 2 Coréens,
Dani et heu… je sais plus, avec qui on a papoté !Très très sympathiques ^^
Juste en face, il y a la Guest House le Mona Lisa, tenu par un monsieur très sympathique, de la caste des brahmanes, mais qui ressemble plus à un bon gros Marseillais (bonjour les clichés xD) et son chien Browni. Tout le monde est à ses ordres, mais il est très gentil avec sa clientèle. Nous l’avons vite adopté !! Nous y allions chaque jour. En plus, des français leur avait apprit à faire des pâtes à la carbonnara !! xD En clair, si vous allez à Varanasi, allez y faire un tour !!
Chaque soir, il y a des spectacles sur les Ghats, pour les dieux évidemment. Nous étions sur une barque à ce moment là. J’ai été émue par toutes les prières ou démonstrations pour les dieux que j’ai pu voir. C’est à chaque fois un très grand moment, et en général, je ne peux pas m’empêcher de chialer.
En partance pour Sarnath, le lieu où Buddha a
fait son premier sermon, nous nous sommes arrêtés à la poste.
Nous y étions allés à Jaipur aussi.
La poste indienne, c’est … horrible xD plus jamais je ne me plaindrai des
postes françaises, que ce soit de l’attente, des gens…
La première fois, ce fut le parcours du combattant. Complètement paumés, nous
avons finir par comprendre que nous devions allés en premier aux douanes pour
vérifier qu’on envoyait pas de trucs dangereux ou interdits… Les douanes. Des
gens pas sérieux, on en avait déjà marre… ils pigeaient rien, ne faisaient
aucun effort. Et imaginez qu’on s’est mis à courir après un chat dans les
bureaux de la douane, sans que personne nous dise quoique ce soit xD
Après, ils nous ont renvoyés au point de départ : il fallait qu’on fasse
empaqueter nos objets xD alors un colis indien = un carton redécoupé en live
devant vous, pour que ça corresponde à peu près à la taille de votre objet.
Comme un carton c’est moche, on vous enveloppe le tout dans une belle housse
que l’on coud avec soin, et puis on met de la cire sur les coutures, avec le
seau de la poste, puis on marque son adresse. xD on nous renvoie aux douanes,
on reremplit de la paperasse, le mec qui encaisse était vénère car on le
retardait apparemment !! La faute à qui ? -_- On a du y passer au
moins 2heures dans cette poste, alors que nous étions les seuls
clients !!! Et ils sont très arrangeants. On n’avait pas nos passeports
sur nous, alors quand il y a eu besoin des numéros… ils ont tout bonnement découpé
cette partie xD quelle rigueur !! Les boites aux lettres sont très jolies en
tout cas xD
La seconde fois, à Varanasi donc, on a dû dans un tout petit bureau en dehors de la Poste, avec un vieux monsieur qui nous a empaqueté nos colis, super gentil, il nous raconté sa vie, il était tout fier de dire que ses filles étaient mariées, que ça avait été une promo que de faire les paquets. Bref, il était heureux de peu, c’était super agréable.
A cette poste, il y avait beaucoup de monde, mais on nous a fait passé derrière
les bureaux (et ouè…). En clair, on a dû passé devant tout le monde (à moins
que je n’aie vraiment rien pigé)… pour les enveloppes des lettres, ils n’en
avaient pas, il fallait aller à un petit stand devant la poste, où il y avait
des enveloppes, et on devait coller les timbres avec une colle en gelée…. Ha
les mystères de l’Inde !!!!!
Pour aller jusqu’à Sarnath, nous avons prit un Rickshaw. Nous ne sommes pas
restés longtemps (j’étais malade) mais voici quelques photos des lieux.
A notre hôtel, nous avons rencontré une jeune israélienne nommée Hadas qui
voyageait seule, et elle a choisit de prendre le train avec nous jusqu’à Delhi,
elle voulait aller dans le Nord. Elle avait été en Thaïlande avant.
Varanasi a été un des lieux les plus intéressants, sur de nombreux points.
C’est une ville qui m’a vraiment, vraiment marquée, avec des gens formidables,
des choses que je ne verrai nulle part ailleurs. C’est une ville qui a été une
« révélation » pour moi en quelque sorte. C’est le genre de lieux
avec une spiritualité si forte, si prèsente, des choses si marquantes, que
forcément, ça donne matière à réfléchir sur pas mal de choses. C’est la ville
où les gens viennent mourir en paix, mais c’est surtout une ville pleine de
vie.
Tout d'abord, désolée pour les maigres photos de Varanasi : mon appareil avait prit une tite douche. Ensuite, la plupart des images sont ma tête et dans mon coeur.
Ensuite, je vais faire cette étape en plusieurs parties, c'est un peu long.
Dernière étape de mon voyage, mais non des moindres. Ville de plus de 1 millions d’habitants, c’est THE ville sainte de l’Inde. Qui n’a jamais vu ces fameuses images, de croyants se baignant dans le Gange pour se laver de ses pêchés ?
Nous n’y sommes pas allés à la bonne période je pense. L’eau
du Gange était déjà montée un peu sur les Ghats, mais bon, on voyage pas
toujours au moment le plus propice (héhé, j’ai une vie en France aussi ^^).
Malgré tout, c’est un des lieux qui m’a
le plus marqué en Inde, et c’est bien normal.
Dans la « purana Varanasi », il y a un dédale de ruelles où il y a à
peine la place pour une vache et vous, avec plein de petites boutiques, de
petites écoles pour l’apprentissage des instruments de musique, et des temples.
Car Varanasi est une ville qui baigne dans la spiritualité. C’est inévitable,
on croise des religieux, notamment près du grand temple de Shivah, qui donne
sur le Gange.
Le Gange, qui est bordé de Ghats où viennent les croyants du pays entier, pour
faire des puja, et avoir un bon Kharma, pour se baigner, et aussi… pour mourir.
Car on dit que mourir à Varanasi libère du cycle de la naissance et de la mort.
Varanasi est également une ville
phare quant à la soie, et on trouve des boutiques très intéressantes du côté
des quartiers musulmans.
Il y a également une des plus vieilles universités de l’Inde du Nord, avec des
objets très anciens, ainsi que des temples. Je regrette profondément de ne pas
y être allée (j’ai été très fatiguée et malade les derniers jours).
Voici une petite présentation de
cette ville ^^
Nous étions dans un hôtel dans la « purana varanasi », donc tout près
des Ghats, mais près de la ville plus « moderne » avec ses centres
commerciaux et son grand trafic routier et meuhmeuhier.
Dès le premier jour, et comme tout bon
visiteur qui se respecte, nous avons décidé de visiter un peu les ruelles de
Varanasi. Il y a une ambiance toute particulière : des religieux qui
passent, les gens qui essaient de vendre des sucreries indiennes, les gens qui
prennent des cours de musique, des meuhmeuhs qui vous bousculent (et oui,
y’en a même eu une qui m’a vraiment poussée; quand la Reine passe, on trépasse !)
J’ai adoré me promener parmi ces gens, et être harcelée pour aller dans des
boutiques ne m’a pas paru si dramatique que ça.
Nous sommes arrivés près du grand
temple de Shivah. Quand on le traverse, on arrive directement sur les Ghats. Il
n’y avait pas grand monde. Nous avons prit une barque, afin de longer le Gange,
et de voir les différents Ghats, car il y en a pas mal, de toute sorte.
Le Gange est vraiment très sale. Quand on sait qu’aux 100ml, la norme pour les
rivières/fleuves est de 500bactéries, et qu’ici, il y en a 1,5 millions… ça
fait peur. Mais la pollution se voit également : l’eau est très très
marron, on voit des sacs plastok avec des déchets flotter... sans compter les
cadavres divers et variés que l’on jette dans le Gange.
Nous sommes arrivés près du « Burnin
Place », où on brûle les cadavres. La barque s’est approchée. J’étais
étonnée, fascinée, choquée, triste, pensive, bref, plein de sentiments se sont
entremêlés en un instant. Ce n’est pas comme si je n’avais pas été au courant
de ce que j’allais voir. Je m’y étais préparé. Mais quand on est devant le fait
accompli, cela n’a pas le même effet.
Et oui, c’est pas comme derrière sa TV, avec un écran de protection, et une
télécommande. Là, c’est en live, on ne peut pas s’enfuir
ou éviter ça.
Je ne juge pas leurs coutumes, loin de là. C’est juste qu’en Occident, la mort
n’est pas vue de la même manière. C’est un sujet tabou presque. Ici, c’est un
passage vers autre chose, une chance de connaître quelque chose de meilleur
dans une autre vie, ou que sais-je encore.
Un guide est monté à bord, nous racontant
comment ça se passe. Il y a environ 200 cadavres par jour qui sont brulés à cet
endroit.
Il voulait qu’on descende sur le Ghat, et au début, je ne voulais pas, je
trouvais cela même indécent que l’on se soit arrêté là. Encore une conception
occidentalisée je suppose.
Le corps d’un individu est amené sur une sorte de brancard, par des indiens
chantant des prières. Il est recouvert de draps, d’offrandes diverses. On le
baigne ensuite dans le Gange, et ensuite, on fera tout ce qui est nécessaire
pour la crémation.
Mais il faut savoir qu’en Inde, on ne
brûle pas tous les corps. Ceux que l’on considère purs sont jetés directement
dans le Gange. Les femmes enceintes, les enfants, et des animaux.
Et évidemment, il a fallut que MOI je vois ça. Un petit brancard amené par des
hommes, se posant à quelques mètres de moi. Les gens, entourant ce petit corps.
Un homme venant regarder le visage de son enfant une dernière fois. Et moi, qui
vois également ce visage une dernière fois, en même temps que ce père. C’était
une petite fille.
Le guide me dit de ne pas pleurer. Que c’était bien pour elle, qu’elle venait
là où chaque indien aimerait être à la fin de sa vie.
Je conçois totalement. Mais pour moi, c’était le corps froid et sans vie d’une
gamine. Dur, dur. Ils l’ont donc ensuite posée sur une barque, conduit jusqu’au
milieu du Gange. Et voilà, un corps de plus dans le Gange. Le problème est que
pas mal de ces corps se retrouvent sur la rive voisine, un peu plus en
contrebas.
En
écrivant ces mots, j’ai les larmes aux yeux. Comme je préférerais avoir cette même
vision des choses. C’était la première fois que je voyais un mort.
Je me suis enfin décidée à descendre
sur le Ghat, afin de donner un peu d’argent pour le bois. Le bois est cher, et
donc forcément, tout le monde ne peut pas payer cette précieuse matière pour
son défunt. D’ailleurs, il existe un ghat pour les « moins riches »
(quel bel euphémisme), ainsi qu’un crématoire électrique.
Du haut d’un bâtiment, j’ai vu un corps brûler. C’est fascinant, et en même
temps, il y a tellement de choses qui envahissent l’esprit. Je ne vais pas
développer. On n’arrive pas à détacher son regard. On a en face de soit la
Mort, étalée, sans tabou.
Bref.


