Il y a des jours comme ça, où tout ne semble être qu’un
énorme chaos, terriblement bien organisé.
On regarde autour de soi, et on se rend compte que tout n’est qu’une grande
répétition, une fourmilière où chaque individu joue un rôle pour le bien-être
de la communauté, et pourtant, il n’y a aucune raison qu’il sorte du lot. Il
continuera de vivre, anonyme parmi toutes ces unités, sans se démarquer. Il
mourra, et sombrera dans l’oubli le plus total. Un membre parmi tant d’autres.
Personnellement, ça me donne envie de m’isoler dans une petite cabane perchée
dans un arbre, au beau milieu d’une forêt. Vous savez, vous commencez à vous
identifier au personnage principal, et là enfin, vous devenez quelqu’un, dans
un monde où chaque chose à sa place, chaque peuple a ses légendes et ses mythes.
Je suis une grande fan des écrits de Tolkien, bien que je ne les ai pas tous
lus. Depuis des années déjà, je me plonge avec plaisir dans les aventures de
tous ces peuples, pour ne citer que le Seigneur des Anneaux, ou encore le
Silmarillion. Cela fait presque mal de se dire que tout n’est que fiction. Bref.
J’y reviendrai sans doute plus tard.
Mais cela est un symptôme assez banal, de vouloir échapper à la réalité, n’est-ce
pas ? Seulement, comment, chacun a sa réponse. Personnellement, je trouve
que rien ne vaut un bon film ou un bon livre que l’on adore, que l’on adule même,
au risque de passer pour un véritable asociale.
D’ailleurs, je me demande pour qui ou quoi je passe des fois. Vu la tête des
gens, ça ne doit pas être très valorisant. Heureusement que j’ai une grande
autodérision.
De relire ce petit texte, je me rends compte à quel point je saute du coq à l’âne.
Ma foi, Tant pis.
Hommage à une personne qui m’était chère : ma
grand-mère
Chère grand-mère,
Tu étais une personne avec un caractère exceptionnel. Un
petit bout de femme née en 1914, qui a traversé les épreuves de la guerre, de la
peur, et de la mort, et tu n’en es toujours sortie indemne, grâce à une force
que bien peu de personnes posséderont un jour.
Bien sûr, tu étais une teigne, une méchante, une mégère, pardonne moi les
expressions. On s’est souvent disputées, faites pleurées, tu m’envoyer bouler,
j’en faisais autant. Mais au-delà de ces paroles qui marquent, qui font mal, on
s’aimait. Tu étais ma deuxième maman, avec un caractère de chien, mais aussi un
grand cœur, bien que jamais tu ne l’aies montré. D’ailleurs, cette
intériorisation de tout, quel dommage mamie !
Aucune démonstration d’amour directe, si ce n’est à travers les tartes que tu
faisais par amour, ou encore les bons conseils que tu donnais pour la couture.
Chère mamie, tu me manques tellement.
Chaque jour qui passe, j’ai peur de rentrer à Aurillac, peur de passer dans ton
appartement, mais surtout, peur de ce grand vide. Plus de cris, plus de bruits,
plus d’odeurs, plus de meubles, plus rien. Rien, si ce n’est des souvenirs, qui
resteront ancrés toute la vie dans mon cœur et ma mémoire. Tu sais, quand je
pense à toi, je pense à ce canapé près de la fenêtre, nous deux en train de
regarder le Puy Courny et le trafic. Ces moments de tranquillité, intimes même…
comme il est dur de dire adieu à cela !
J’ai peur.
Peur, quand je me dis que tu ne verras pas mes vingt ans passer.
Peur, quand je me dis que je ne pourrai plus entendre ton rire.
Peur, quand je me dis que ma vie va s’écouler sans celle qui fait partie de
moi.
Peur, de ne plus te voir.
Pardonne mes défauts et mes écarts. Je t’ai aimé chaque seconde, et jamais je
ne t’oublierai.
Machinalement, je tripote ton collier, et ce chaque jour. Je me sens perdue
sans lui, je me souviens encore de ce jour où je ne l’avais pas mis pour aller
en cours… Comme j’étais mal !
Ne pas me trouver dans la même pièce que ce collier que tu mettais presque
chaque jour, me rappelle que tu es très loin maintenant.
Je t’aime ma chère mamie.
Pour le moment, je préfère arrêter d’écrire, j’ai l’impression de m’embrouiller.
Il y a tant à dire sur toi, mes sentiments, que je ne sais comment structurer
ce texte, comment le terminer. Tout ce
que je sais, c’est que tu me manques, tu nous manques à tous.
Je ne t’oublie pas.
Ne m’oublie pas.
Dans la vie, il arrive des moments où on se dit que vivre
n’a plus aucun sens. Pour moi, c’est le cas. Je n’arrive pas à savoir quelle
est ma place dans ce monde où tout semble si bien réglé et chaotique à la fois.
Vivre dans une société dont je connais les limites, est presque une torture.
Réalisez vous que depuis votre petite enfance, on vous met dans le crâne
quelles doivent être les grandes lignes de votre vie. Un travail, des amis, un
conjoint, des enfants, et consommer. Etre différent, ce n’est guère possible.
Oui, il y a une apparence de liberté. Mais au fond y’en a-t-il vraiment ?
Je pense que non. Soyez différent. Vous verrez que cette liberté a un prix.
Regardez les gens qui sont différents, ils sont souvent désintégrés, exclus.
Est-ce de la liberté ? Oui, on a la liberté de choisir la couleur de sa
voiture, de choisir la marque de son pull, mais est-ce là l’essentiel ?
Je suis dans une période où je
n’arrive pas à faire abstraction des défauts de la société pour vivre
aveuglément dans le meilleur des mondes. J’éprouve de l’empathie pour toutes
ces espèces qui disparaissent à cause de notre égoïsme, pour ces gens exploités
à travers le monde. J’éprouve du mépris pour cette indifférence générale.
J’abhorre la société telle qu’elle est conçue, les médias qui encouragent les
gens à se tromper et à se façonner des avis. On nous éduque de sorte à ce qu’on
n’ait pas un esprit critique assez développé pour comprendre à quel point
certaines choses sont pourries. On avale stupidement ce qu’on nous sert. On
voit la forme, on ne se demande pas une seule seconde quelle est la véracité
des faits, si cela est bien ou mal, le pourquoi du comment…
Je ne comprends pas pourquoi. Je suis outrée de vivre dans un monde tel que celui-ci.
Comment arriver à changer les choses ? J’aimerais tellement y arriver.
Mais le pouvoir, je ne l’ai pas. En tout cas, je dois essayer par mes propres
moyens de changer ma vision des choses, sinon je ne pourrais jamais vivre
pleinement. Je suis sans doute trop idéaliste. En tout cas, cela me meurtrit de
jour en jour de savoir que je ne pourrais pas faire ce que je veux sans en
pâtir à long terme. De savoir que la Vie est souillée, bafouée dans ce qu’elle
a de plus beau.